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    Modifié 19 Nov. 2015

    Achille Mir

    (Escales 30 novembre 1822 – Carcassonne 10 août 1901)

    Cet instituteur, fils d'ouvriers agricoles propriétaires de quelques vignes, exerça pendant cinq années dans le petit village d'Aigues-Vives avant d'être appelé aux fonctions de maître-adjoint et de directeur de l'école annexe à l'école normale de Carcassonne. Enseignant consciencieux, auteur d'une méthode d'écriture, il supporte mal toutefois la rigidité de l'administration scolaire. Il lui préfère les classes préparatoires du petit séminaire et les leçons d'écriture dans les maisons d'éducation. Il prend la liberté d'y proposer ses propres compositions, fables et moralités, en français d'abord, puis en langue d'oc quand cette dernière est mise à l'honneur par la gloire nationale de Jasmin et de Mistral. Il présente son poème " la bigno " au concours de la société archéologique de Béziers en 1863 et collabore au recueil mensuel Les Muses du Midi. Il quitte l'enseignement en 1869 pour assurer la charge de directeur comptable de la Manufacture de la Trivalle. Présent dans le premier numéro de la Revue des Langues Romanes en 1870, il rencontre les félibres provençaux en 1874. Devenu l'ami de Mistral, il s'essaie à sa demande au genre lyrique prisé alors par un mouvement à la recherche d'une plus grande légitimité. Mais le " papa Mirgot " n'excelle que dans la " verve populaire " ; ni les odes, ni les sonnets, pas même les textes de la cansou de la lauseto ne valent ses " bouffonades " dont la plus célèbre reste Lou lutrin de Lader. Il y fait montre d'un art subtil de la reconstitution par l'écriture d'une langue orale chargée de sens où tout ne serait qu'expressions savoureuses, du type de celles qu'il s'attachera à recueillir sa vie durant. Devenu un personnage officiel du Félibre et de la vie culturelle locale, A. Mir préside aux destinées de la Société de lecture en 1885, de la Revue de l'Aude en 1886, de l'Escolo audenco en 1892, avant d'être publiquement célébré par Mistral et par Mounet-Sully à l'occasion d'une Santo Estello (1893) et de la Fête des Cadets de Gascogne (1897).